Il y a huit ans, Claude Davignon était fatigué de souffrir. Âgé d’à peine 51 ans, le résident de Repentigny avait mal aux orteils et marcher devenait un effort incommensurable. Sa douleur aux genoux, aux épaules et aux poignets se décuplait. Les tâches liées à son métier de boucher s’avéraient de plus en plus difficiles. Une visite chez le médecin a établi un diagnostic qui expliquait tout : Claude était atteint d’arthrose sévère.

Sa démarche et sa musculature se sont rapidement dégradées. Pendant plus de 6 ans, de nombreuses opérations ont été nécessaires, accompagnées de longues périodes d’arrêt de travail, durant parfois plusieurs années. Pour cet homme habitué au travail, c’était surtout au niveau mental que cela faisait mal.

Jadis très actif, Claude éprouvait maintenant de la difficulté à descendre d’un trottoir et devait se reposer après une sortie à l’épicerie : « Au début, j’étais à plat. Pour un gars manuel, c’était dur de délaisser toutes mes activités. J’avais de la difficulté à demander de l’aide ; je ne voulais pas que ma famille me prenne en pitié. Je sais qu’aujourd’hui, ils sont fiers de moi ».

Un diagnostic d’arthrose n’est pas synonyme de capitulation. Certainement pas pour Claude. Malgré une période difficile où il a dû apprendre à vivre dans un nouveau corps fragilisé, il a cru en la force de sa détermination.

Pour combattre la gravité, cet ennemi omniprésent qui pesait lourd sur ses articulations, Claude a commencé à passer du temps à la piscine, ne serait-ce que pour pouvoir plier les genoux, car l’eau supportait son poids et réduisait la pression sur ses articulations.

Petit à petit, il s’est mis à faire des longueurs, malgré sa douleur aiguë à l’épaule. Puis les quelques longueurs sont devenues des séances d’une heure. Au fil des semaines, la nage a pris une place centrale au cœur de son quotidien : « Parfois, je nageais de cinq à six heures sans arrêt et les sauveteurs m’arrêtaient pour savoir ce que je faisais », a lancé Claude, aujourd’hui âgé de 58 ans.

Ayant perdu 20 kilos, la pression sur ses articulations et sa douleur se sont réduites. De plus, une musculature nouvellement développée entourait ses articulations, qui se régénéraient naturellement grâce à l’augmentation de l’afflux sanguin causée par l’activité physique. Claude se sentait rajeuni. Il raconte même, à qui veut l’entendre, que tout cet exercice lui a probablement épargné de nouvelles opérations.

Cette confiance en son corps l’a poussé à caresser une idée qui aurait pu sembler insensée, même pour un athlète au sommet de sa forme. En 2018, Claude s’est inscrit à la Traversée du lac St-Jean, l’une des épreuves sportives les plus exigeantes au monde. Il s’agit d’un parcours de 32 km à la nage sur lequel des compétiteurs des quatre coins du globe s’affrontent annuellement depuis 1955. Le défi était de taille. En bravant les eaux froides du Lac (17 °C en moyenne) pendant 12 heures et 11 minutes, Claude a fait preuve d’une concentration inébranlable et d’une volonté de fer.

« Ironiquement, la maladie a finalement été une bonne chose pour moi. Je me suis mis à l’exercice constant et j’ai commencé à avoir plus de contrôle sur ma vie. » Sans recommander cet effort extrême de la Traversée du lac Saint-Jean, Claude espère inspirer d’autres personnes atteintes d’arthrose comme lui à pratiquer une activité physique malgré la douleur, et qu’ainsi, elles connaîtront un soulagement de leurs symptômes d’arthrite.

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