Traitement préventif pour la polyarthrite rhumatoïde : ce que les gens veulent

Preventive treatments for rheumatoid arthritis: What do people want?

L'importance de cette recherche

Les parents proches des personnes atteintes de polyarthrite rhumatoïde ont un risque élevé de développer la maladie. Plusieurs médicaments sont en cours d’essais cliniques pour voir s’il est possible d’éviter cette situation. Une étude de 2019 a jeté un nouvel regard sur le meilleur traitement du point de vue du consommateur. Ses résultats pourraient influencer la façon dont on conçoit les essais et prodigue les soins.

Sur quoi porte cette recherche?

La polyarthrite rhumatoïde est la forme d’arthrite inflammatoire la plus courante et elle peut causer une douleur aiguë et d’importantes incapacités. Les parents au premier degré (c.-à-d. les parents, les frères et sœurs et les enfants) des personnes atteintes d’arthrite présentent un risque accru de développer la maladie. Certains des médicaments normalement utilisés pour traiter la polyarthrite rhumatoïde sont actuellement en essai clinique comme traitement préventif pour ce groupe à risque élevé. Toutefois, la plupart des essais se concentrent sur la qualité de la diminution du risque, sans tenir compte des autres facteurs qui peuvent influencer la décision d’un consommateur de prendre un médicament préventif.

Qu’ont fait les chercheurs?

Mark Harrison, Ph. D. et son équipe ont présenté à plus de  280 parents au premier degré de personnes atteintes de polyarthrite rhumatoïde des scénarios hypothétiques dans lesquels ils pouvaient choisir entre deux médicaments préventifs aux attributs différents ou aucun traitement. Les chercheurs ont analysé les facteurs tenus en compte par les participants dans leur choix.

Qu’en est-il ressorti?

Les participants valorisent de nombreux attributs du traitement au-delà de la capacité d’un médicament à réduire les risques de développer la polyarthrite rhumatoïde. Ces autres considérations importantes comprennent la facilité à prendre le médicament (p. ex., comprimés quotidiens), la recommandation ou non par un professionnel de la santé et les risques d’effets secondaires importants. Souvent, les participants étaient prêts à sacrifier la diminution du niveau de risque au profit de leurs préférences. Dans l’ensemble, le taux d’acceptation prévu était élevé pour les comprimés, mais faible pour les agents biologiques (injections).

Quelle incidence aura cette recherche?

Cette recherche démontre que, pour les personnes à risque élevé de développer la polyarthrite rhumatoïde, la décision de prendre un médicament préventif peut s’avérer compliquée. La question n’est pas seulement de savoir si le médicament réduit ce risque – de nombreux autres facteurs entrent en ligne de compte.

Ces conclusions suggèrent que le point de vue du consommateur doit être intégré dans la planification et la conception des essais cliniques pour les traitements préventifs potentiels afin de s’assurer que les consommateurs et les chercheurs obtiennent les réponses dont ils ont besoin. Cette étude met aussi en évidence l’importance de la recommandation d’un professionnel de la santé, ce qui confirme le besoin d’outils éducationnels pour aider les patients et les médecins à prendre ensemble les décisions de traitement.


Photography of Dr. Mark Harrison
Ce projet a mis en évidence la complexité des décisions que les gens prennent pour accepter ou non les traitements. Si nous ne prenons pas le temps de comprendre ce qui est important pour les gens, alors trop souvent, nous ferons des recherches sur des traitements que les gens ne voudront pas prendre. Voilà qui explique pourquoi les traitements, même si les essais prouvent qu’ils sont efficaces, n’amélioreront pas les résultats pour les gens. Pour ce travail, nos conclusions suggèrent que les agents biologiques ont peu de chances d’être un traitement recherché pour la polyarthrite rhumatoïde. »

— Mark Harrison, Ph. D., Université de la Colombie-Britannique

À propos du chercheur

Mark Harrison, Ph. D., est un scientifique et un professeur adjoint à l’Université de la Colombie-Britannique. Partiellement financée par une Bourse salariale pour jeunes chercheurs et une Subvention stratégique de fonctionnement de la Société de l’arthrite versées en 2016, sa recherche vise à faire appel à des équipes soignantes pour améliorer les soins de l’arthrite.

Citation de la publication

Harrison M, Spooner L, Bansback N, Milbers K, Koehn C, Shojania K, Finckh A, Hudson M, Preventing rheumatoid arthritis: Preferences for and predicted uptake of preventive treatments among high risk individuals, PLoS One. 2019;14(4):e0216075.

Harrison M, Bansback N, Aguiar M, Koehn C, Shojania K, Finckh A, Hudson M, Preferences for treatments to prevent rheumatoid arthritis in Canada and the influence of shared decision-making, Clin Rheumatol. 2020;39:2931-2941.

La recherche à la Société de l’arthrite

Grâce à la confiance et au soutien de ses donateurs et de ses partenaires, la Société de l’arthrite est la plus importante source caritative de financement pour la recherche de pointe sur l’arthrite au pays, ayant investi plus de 220 millions de dollars depuis sa création. Ces projets ont mené à des percées en matière de diagnostic, de traitement et de soins des personnes atteintes d’arthrite. Visitez notre site à arthrite.ca/recherche.