Pour des millions de Canadiens, l’arthrite signifie se réveiller en douleur, passer à travers la journée avec des limites et manquer des moments importants.
Bien qu’il n’existe toujours pas de remède, il y a de plus en plus de raison de garder espoir. Partout au pays, les chercheurs, avec l’appui de la Société de l’arthrite du Canada, changent ce qui est possible et sont sur la voir de découvrir des moyens de détecter l’arthrite de manière précoce, de créer des traitements personnalisés et même de régénérer les articulations endommagées.
En tant que plus grand bailleur de fonds caritatif de la recherche sur l’arthrite, la Société de l’arthrite du Canada a investi plus de 240 millions de dollars dans des découvertes qui transforment les soins. Qu’il s’agisse de découvertes des domaines de la génétique, de la médecine régénératrice, de l’intelligence artificielle ou de la santé intestinale, les scientifiques canadiens nous rapprochent d’un avenir exempt de la douleur de l’arthrite.
Voici l’histoire d’une décennie d’avancées – et des raisons de garder un véritable optimisme.
Génomique et épigénomique
Décoder les dessous de l’arthrite
Chaque cellule de notre corps contient des indices sur qui nous sommes et comment nous guérissons. La génomique est une des façons de voir comment notre ADN affecte l’arthrite, alors que L’ÉPIGÉNOMIQUE étudie les « interrupteurs » chimiques qui activent ou désactivent les gènes qui peuvent être déclenchés par des facteurs comme le stress, le régime alimentaire ou la pollution. Ensemble, ces sciences aident les scientifiques à découvrir les secrets de notre ADN qui pourraient prédire – et un jour – prévenir l’arthrite.
À l’Université McGill, Celia Greenwood, Ph. D., et son équipe, financés par la Société de l’arthrite du Canada, étudient pourquoi la polyarthrite rhumatoïde touche trois fois plus de femmes que d’hommes. En analysant le matériel génétique de plus de 200 personnes atteintes de polyarthrite rhumatoïde, ils identifient les gènes dans les chromosomes X qui peuvent influencer le développement de la maladie et cherchent à savoir si ces gènes sont associés aux changements qui surviennent avant l’apparition des symptômes.
Chaque nouvelle découverte aide les chercheurs à se rapprocher d’une prédiction précoce de l’arthrite, à personnaliser les traitements et même à trouver des façons de prévenir l’arthrite avant que les dommages aux articulations ne surviennent.
Médecine de précision
Une approche de plus en plus personnalisée
L’arthrite est une maladie chronique complexe qui compte plus de 100 formes. Il n’y a pas deux cas semblables, Les symptômes et les réponses aux traitements varient énormément, les soins doivent donc être personnalisés.
C’est ce qui s’appelle la médecine de précision : des traitements et des soins personnalisés selon la biologie des personnes, leur style de vie et leurs préférences afin de trouver la meilleure approche possible.
Au Schroeder Arthritis Institute, dans le Réseau de santé universitaire, Mohit Kappor, Ph. D., et son équipe étudient le plus grand paquet adipeux du genou, connu sous le nom du paquet adipeux sous-rotulien. Ils ont découvert des schémas moléculaires précis liés à l’arthrose du genou qui diffèrent en fonction du sexe et du poids corporel. Ces découvertes pourraient aider les scientifiques à trouver de nouvelles cibles thérapeutiques et à mettre au point des stratégies de traitements personnalisées à l’avenir.
Les chercheurs se penchent également sur des types de cellules précises à l’intérieur des articulations et définissent des panels de biomarqueurs – des ensembles de mesures biologiques comme les protéines, les gènes ou les molécules du sang et des tissus – afin de guider les soins. Ensemble, ces découvertes nous rapprochent de traitements qui améliorent les résultats en plus d’améliorer et de multiplier les méthodes de gestion de l’arthrite.
Médecine régénérative
Réparer les articulations afin de redonner la mobilité
La promesse de la médecine régénérative est révolutionnaire. Depuis si longtemps, la réalité était qu’une fois une articulation endommagée, les dommages étaient irréversibles. Mais au cours des dernières années, les scientifiques ont commencé à mettre au point de nouvelles thérapies qui pourraient réparer les articulations plutôt que de simplement ralentir leur dégénérescence.
Au cours des six dernières années, les chercheurs ont fait des avancées incroyables et ont découvert de nouvelles manières de préparer et livrer des cellules et des tissus pouvant réparer les articulations endommagées. Ces approches personnalisées en fonction du stade de la maladie du patient et ses caractéristiques nous rapprochent d’une véritable réparation des articulations et pourraient faire diminuer le besoin de procéder aux arthroplasties.
Grâce au soutien de la Société de l’arthrite du Canada, Olufemi Ayeni, Ph. D., professeur et chef de la division du volet académique de chirurgie orthopédique de l’Université McMaster, dirige l’essai REPAIR, une étude multicentrique de pointe sur la manière dont nous pouvons réparer le cartilage endommagé de la hanche. Contrairement à la technique traditionnelle de microfracture qui stimule la croissance limitée du tissu en perçant dans le cartilage, l’approche d’Olufemi Ayeni, Ph. D., utilise une légère microfracture combinée à une couverture de collagène afin de stimuler le développement d’un cartilage renforcé et durable.
Cette approche novatrice pourrait prévenir l’apparition de l’arthrose et donner aux gens une véritable chance d’éviter une arthroplastie. « Dans le meilleur des cas, nous trouvons une autre option de traitement viable pour un large éventail de patients ayant des douleurs aux hanches en raison d’arthrose précoce et de dommages au cartilage », dit M. Ayeni. « À long terme, nous avons espoir de pouvoir retarder le besoin d’une intervention chirurgicale complexe, comme le remplacement de la hanche ou d’autres traitements. »
Bien qu’il reste du travail à faire en amont avant que ces thérapies soient disponibles à tous, ce pas en avant nous rapproche de la réalisation de la promesse d’une réparation du cartilage en une véritable option pour les personnes atteintes d’arthrite.
Intelligence artificielle
Une nouvelle ère de précision et d’innovation
Ce qui était auparavant de la science-fiction est désormais utilisé pour améliorer la santé et la qualité de vie. Les chercheurs utilisent l’intelligence artificielle (IA) pour détecter les changements subtils dans les articulations et analyser des données complexes afin d’optimiser les plans de traitement personnalisés.
À l’Université de Calgary, les chercheurs Nathan Neeteson (candidat au doctorat) et Steven Boyd, Ph. D., soutenus par la Société de l’arthrite du Canada et dirigés par l’auteur principal Callie Stirling, ont mis au point un outil assisté par l’IA qui peut détecter et segmenter les lésions traumatiques de la moelle osseuse (LMO) des IRM du genou. Ces changements sont souvent observés après un traumatisme et ils peuvent être des signes précurseurs d’arthrose post-traumatique. En automatisant ce qui pourrait prendre de nombreuses heures de travail manuel, cet outil pourrait aider les médecins à repérer les changements rapidement et faciliter le diagnostic, le suivi et l’étude de l’arthrite et de sa progression.
L’IA accélère les progrès vers une intervention rapide et précoce et des choix de traitements précis qui profitent aux patients et aux cliniciens.
Tandis que les chercheurs continuent de raffiner ces outils puissants, ils restent engagés à utiliser l’IA de manière responsable. Ils s’assurent que les données sont manipulées de manière éthique et que les innovations restent accessibles et équitables.
Les intestins et le microbiome
Comprendre comment vos intestins affectent l’inflammation
Vos intestins jouent peut-être un plus grand rôle que vous ne le croyez dans l’arthrite. Ils contiennent des milliards de microbes – appelé microbiote intestinal – qui font beaucoup plus qu’aider à la digestion. Ces microbes et leur bagage génétique (le microbiome humain), peuvent influencer le développement et la progression de l’arthrite. Cette prise de conscience au sein des scientifiques ouvre la porte à de nouveaux traitements qui se concentrent sur les intestins plutôt que de simplement freiner le système immunitaire.
Sowmya Viswanathan, Ph. D., chercheuse du Réseau universitaire de santé, appuyée par la Société de l’arthrite du Canada, étudie l’influence de la santé intestinale sur l’arthrite. Son travail examine comment le régime alimentaire et la santé intestinale peuvent déclencher l’inflammation de l’articulation – et si certaines interventions, comme des changements apportés au régime alimentaire, des probiotiques ou même des traitements d’avenir, comme les capsules et les injections, pourraient retarder ou diminuer le besoin de recourir à la chirurgie.
Pour y arriver, son équipe étudie la réponse des cellules immunitaires et collecte des renseignements détaillés sur le régime alimentaire des patients, leur sang et leurs selles. Ces découvertes les aident à comprendre le commencement de l’inflammation et la manière de l’arrêter, ce qui ouvre la voie à des traitements personnalisés ciblant l’arthrite à la source.
Pour les personnes vivant avec la douleur quotidienne de l’arthrite, ces avancées peuvent ajouter quelque chose d’inestimable : du temps. Comme l’explique Sowmya Viswanathan, Ph. D. : « Si nous pouvons ajouter deux années sans douleur aux gens, il pourrait s’agir du temps nécessaire pour faire de nouvelles découvertes importantes ».
Bâtir un avenir sans douleur
Ensemble, nous transformons les possibilités pour les personnes atteintes d’arthrite. Chaque percée représente plus que le progrès scientifique, c’est un pas vers un espoir renouvelé et l’autonomie.
Cependant, pour garder cet élan, il faut un engagement continu. Bien que le principal bailleur de fonds de la recherche du domaine de la santé ait augmenté l’ensemble de ses investissements de 22 % au cours des dernières années, ses investissements dans la recherche sur l’arthrite ont diminué de 24 %. La recherche sur l’arthrite ne représente maintenant que 1,23 % du budget total, une diminution de presque 40 % par rapport au 1,96 % de 2017.
Cet écart est également une occasion de se réunir, de se faire les champions des découvertes et de nous assurer que la recherche sur l’arthrite reçoit l’attention qu’elle mérite. Une décennie de progrès a déjà refaçonné l’avenir des soins de l’arthrite. Avec une collaboration et un soutien durable, nous pouvons accélérer la prochaine vague d’innovation nous rapprochant d’un avenir dans lequel la douleur de l’arthrite peut être évitée, traitée, voire éradiquée.
Joignez-vous à nous. Votre don aujourd’hui aidera à stimuler la recherche qui transforme des vies et nos rapproche d’un avenir sans douleur.
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