Est-il temps d’envisager l’utilisation d’un appareil fonctionnel?
Ce qu’il faut surveiller, demander et comment l’aborder
De nombreuses personnes atteintes d’arthrite se reconnaîtront. Avant de partir pour un rendez-vous ou une promenade, vous prenez le temps d’y penser. À quelle distance se trouve l’entrée? Y a-t-il un escalier? Devrais-je m’arrêter pour prendre une pause?
Si ces questions deviennent routinières, il est peut-être temps de vous demander si un soutien additionnel pourrait alléger votre vie quotidienne.
Reconnaître les signes
Savoir quand envisager l’utilisation d’un appareil fonctionnel n’est pas toujours évident. Les changements en matière de mobilité surviennent souvent de manière graduelle et il est facile de s’adapter sans réaliser à quel point les choses ont changé.
Tallara Tuck, une ergothérapeute du Programme de réadaptation et d’information sur l’arthrite (PRIA), qui travaille étroitement avec des personnes atteintes d’arthrite explique : « L’objectif n’est pas de créer une dépendance à l’équipement. C’est que vous continuiez à faire ce qui compte pour vous de manière sécuritaire et en atténuant la douleur. »
Un des signes physiques les plus évidents est de boiter en marchant. Que ce soit en raison de la douleur, d’une faiblesse musculaire ou d’une instabilité articulaire, le fait de boiter change la distribution du poids de votre corps. Avec le temps, cette charge supplémentaire peut affecter les pieds, les genoux, les hanches et le dos et entraîner davantage d’inconfort et de fatigue. « Même s’il s’agit une boiterie légère, peut-être dans l’attente d’une opération articulaire, il vaut la peine de la résoudre avec le bon soutien fonctionnel », ajoute Tallara.
Autres signes à surveiller :
- Une ou plusieurs chutes au cours de la dernière année
- Utilisation de meubles, de murs ou des comptoirs pour se stabiliser lors de la marche
- Hésitation ou anxiété dans les foules, les marches ou sur un sol inégal
- Balancement en position debout ou difficulté à se tourner
- Pas raccourcis ou traînants ou ralentissement marqué de la vitesse de marche
- Douleur articulaire qui limite toujours la distance ou le temps de marche
- Évitement des tâches comme l’épicerie en raison de l’insécurité à porter des articles
- Dissimuler la douleur en public pour bien paraître
Ensemble, ces changements indiquent souvent la même réalité : votre corps travaille plus fort qu’il ne le devrait pour vous garder en mouvement.
Appareils fonctionnels communs et leur utilité
Les appareils fonctionnels sont conçus pour atténuer la douleur, améliorer l’équilibre et vous aider à bouger efficacement. « Le bon choix dépend de vos besoins », explique Tallara. « Ces besoins comprennent les articulations touchées, votre équilibre et ce que vos mains sont à l’aise de gérer. »
Parmi les divers types d’appareils fonctionnels, notons :
- La canne : réduit la charge sur les hanches, les genoux et les chevilles tout en améliorant l’équilibre. Permet à l’articulation de bouger sans supporter tout le poids du corps. Une taille appropriée et le style de poignée sont importants pour le confort et l’efficacité.
- Bâtons de marche : utilisés en paires pour distribuer le poids sur le corps et permettre un soulagement à plusieurs articulations en même temps. Particulièrement utile à l’extérieur et sur les terrains inégaux.
- Béquilles d’appui : offrent plus de support qu’une canne et utiles quand plusieurs articulations sont touchées. Les béquilles d’appui réduisent le besoin d’une force de préhension ce qui aide si les mains ou les poignets sont douloureux.
- Déambulateur et déambulateur à roulettes : offrent un bon équilibre, particulièrement lors des poussées. Les déambulateurs à roulettes (avec siège intégré) réduisent le besoin de soulever l’appareil et vous permettent de vous reposer au besoin, ce qui peut aider à gérer la fatigue.
- Fauteuil roulant manuel : élimine complètement la charge du poids sur les articulations du bas du corps. Idéal pour les personnes ayant de l’aide puisque se déplacer seul peut être exigeant pour les poignets et les épaules avec le temps.
- Fauteuil roulant électrique : une bonne option si l’arthrite touche les membres supérieurs et inférieurs. Réduit considérablement l’effort physique et aide à conserver l’énergie tout au long de la journée.
Conseils pour discuter avec votre fournisseur de soins de santé
Si vous pensez à utiliser un appareil fonctionnel, un ergothérapeute ou un physiothérapeute peut vous aider à trouver celui qui convient.
Tallara recommande de vous préparer avec quelques questions clés :
- Est-ce un appareil que j’utiliserai temporairement ou à long terme?
- Quel appareil fonctionnel convient à ma routine quotidienne et à mon environnement?
- Est-il pesant et comment se plie-t-il ou se transporte-t-il?
- Pourrais-je tenir les poignées et serais-je à l’aise d’utiliser les freins?
- Existe-t-il des adaptations si mes mains sont raides ou fatiguées?
- Quelles sont mes options si ma porte de salle de bain est très étroite?
- Quelles sont les options de financement pour aider à couvrir le coût? Comment puis-je y accéder?
« De petits détails comme la hauteur du siège et des poignées ou la taille des roues peuvent jouer sur le confort et l’efficacité de l’appareil pour vous », ajoute-t-elle.
Repenser à la signification d’appareil fonctionnel
Pour de nombreuses personnes, le principal obstacle n’est pas physique, c’est la perception que l’on a de l’appareil
Tallara le constate souvent et elle encourage ses patients à adopter un autre mode de pensée. « L’utilisation d’un appareil fonctionnel signifie que l’on est intelligent de protéger nos articulations pour l’avenir ».
Les appareils fonctionnels sont des outils. Ils réduisent la douleur lors du mouvement, améliorent la sécurité et aident à conserver l’énergie pour les parties de la vie qui comptent le plus pour vous. Comme le dit Tallara : « Une douleur moindre lors du mouvement signifie plus d’énergie pour les choses qu’on aime. »
Pour certaines personnes, les appareils fonctionnels aident à rediriger la conversation. « Plutôt que de penser j’ai maintenant besoin d’un déambulateur, il est mieux de se dire j’ai un appareil qui me permet de continuer », ajoute Tallara. « Ce changement n’a pas à changer votre état, mais il peut changer la façon dont vous bougez avec davantage de support, de confiance et moins de limites. »
Pour en apprendre davantage sur la gestion de la douleur liée à l’arthrite et les appareils fonctionnels, consultez la ressource sur les appareils fonctionnels de la Société de l’arthrite du Canada.

