Les besoins des personnes atteintes de maladie auto-immunes en matière de santé mentale pendant une pandémie

Mental health needs of people with autoimmune disease during a pandemic

L'importance de cette recherche

Comme la santé physique, la santé mentale fait partie de notre vie. Notre santé mentale détermine notre manière d’interagir avec le monde et de gérer les défis. Il est important d’être proactif dans notre apprentissage en matière de santé mentale et d’adopter des stratégies d’adaptation avant de nous retrouver en situation de crise. C’est particulièrement vrai pour les personnes atteintes d’une maladie chronique comme l’arthrite.

Sur quoi porte cette recherche?

Bien que l’arthrite compromette la santé mentale, ses conséquences ne s’arrêtent pas là. Les Canadiens atteints d’arthrite ont presque deux fois plus de risques d’être atteints de troubles de l’humeur comme la déprime, comparativement aux personnes non arthritiques. Ils sont aussi 1,5 fois plus à risque d’avoir un trouble d’anxiété. De nombreux Canadiens signalent une dégradation de leur santé mentale depuis le début de la pandémie. De quelle manière l’ensemble de la pandémie influence-t-elle la santé mentale des personnes devant déjà composer avec les défis de l’arthrite?

Qu’ont fait les chercheurs? Photographie de Kathleen Bingham

Kathleen Bingham, Ph. D. et Dr Zahi Touma ainsi que leur équipe ont évalué la littérature et les rapports des médias afin de cerner les facteurs qui contribuent aux difficultés en matière de santé mentale chez les personnes atteintes de maladies auto-immunes. Ils ont également exploré les interventions existantes en santé mentale élaborées pour être utilisées pendant la COVID-19 et pour les personnes atteintes de maladies auto-immunes.

Qu’en est-il ressorti?

Photographie du Dr Zahi ToumaLes facteurs qui contribuent à la détresse psychologique chez les personnes atteintes de maladies auto-immunes pendant la pandémie comprennent le sentiment de discrimination lié à la banalisation de la COVID-19 par les personnes en santé, un sentiment que les vies des personnes atteintes de maladies chroniques sont moins importantes que celles du reste de la population, la peur de l’infection, l’incertitude liée à la disponibilité des médicaments, l’accès restreint aux soins et aux ressources habituelles, l’expérience antérieure des soins de santé et les conséquences de l’isolation sociale.

Bien que de nombreuses personnes atteintes de maladies auto-immunes sont équipées de manière exceptionnelle pour gérer les stress liés à la COVID-19, grâce à leur expérience en matière de contrôle de l’infection et d’adaptation à l’isolement en raison d’une maladie ou des effets d’un traitement, ce n’est pas le cas pour toutes les personnes atteintes de maladies auto-immunes. Il est essentiel que les besoins en santé mentale soient pris en compte avec les besoins physiques afin de fournir à tous des soins de haute qualité axés sur les personnes.

Quelle incidence aura cette recherche?

Comprendre les facteurs qui contribuent à la bonne santé mentale aidera les cliniciens, les chercheurs et les personnes atteintes de maladies auto-immunes à développer des stratégies pour gérer les défis pendant cette période d’incertitude. Les stratégies individuelles peuvent impliquer le contrôle de la consommation de médias source de stress, le maintien des liens sociaux, le maintien d’une routine qui comprend un sommeil et l’exercice adéquats, la pratique de la méditation pleine conscience et de la relaxation, la concentration sur les facteurs que l’on peut maîtriser et les liens avec les programmes de soutien par les pairs.


Photography of Renee Pordage
Bon nombre de mes stratégies d’adaptation pour gérer la peur et l’anxiété, comme le soutien de mon équipe soignante et de ma famille et mes amis, n’étaient plus à ma disposition lorsque la pandémie a commencé. J’ai été en mesure de communiquer virtuellement avec un physiothérapeute afin de modifier mon programme d’exercices et de continuer à être active physiquement. La combinaison yoga et méditation pleine conscience m’ont permis de rester dans le présent et de ne pas m’inquiéter avec l’avenir lointain. Une ordonnance pour du cannabis médicinal m’a aidé à trouver le sommeil nécessaire. Quant aux liens sociaux essentiels, ils ont été maintenus par FaceTime ou je rencontrais des amis à l’extérieur en maintenant une distance lorsque la météo le permettait. »

— Renee Pordage, membre de la table ronde de consommateurs en ligne de la Société de l’arthrite

À propos des chercheurs

Dr Zahi Touma, est professeur agrégé à la division de rhumatologie de l’Université de Toronto, médecin membre du personnel et clinicien-chercheur au Toronto Western Hospital et à l’hôpital Mount Sinaï. Sa recherche a été soutenue en partie par une Bourse de fonctionnement pour jeunes chercheurs et une Bourse salariale pour jeunes chercheurs de la Société de l’arthrite, décernées en 2015.

Kathleen Bingham, Ph. D., est psychiatre en santé mentale au Réseau universitaire de santé et professeure adjointe au département de psychiatrie à l’Université de Toronto. Ses recherches portent sur la cognition et le fonctionnement quotidien à un âge avancé et sur la dépression psychotique.

Citation de la publication

Bingham KS, Rozenbojm N, Chong-East M, Touma Z, Exploring the mental health needs of persons with autoimmune diseases during the coronavirus disease 2019 pandemic: A proposed framework for future research and clinical care, ACR Open Rheumatology, 2021;3(1):25-33.

La recherche à la Société de l’arthrite

Grâce à la confiance et au soutien de ses donateurs et de ses partenaires, la Société de l’arthrite est la plus importante source caritative de financement pour la recherche de pointe sur l’arthrite au pays, ayant investi plus de 220 millions de dollars depuis sa création. Ces projets ont mené à des percées en matière de diagnostic, de traitement et de soins des personnes atteintes d’arthrite. Visitez notre site à arthrite.ca/recherche.