Le bien-être mental des personnes âgées atteintes d’arthrite

Aging with Optimism: Mental Wellness for Older Adults with Arthritis

Construire un meilleur bien-être mental pour vieillir avec optimisme.

« Au fil des ans, je me suis rendu compte que l’aspect psychosocial de ma vie avec [la polyarthrite rhumatoïde (PR)] a été celui qui avait été le plus négligé et qui nécessitait une reconnaissance, une attention et souvent un traitement de la part des membres de mon équipe soignante. La gestion de l’inflammation et de la douleur associée à la PR occupe une place importante dans l’esprit des professionnels de la santé, ce qui n’est pas habituellement le cas de l’incidence sur la santé mentale. Pour moi, le terme “santé mentale” n’est pas suffisamment large pour englober tous les effets non physiques de la PR; je préfère le terme “psychosocial” qui, pour moi, inclut les aspects émotionnels et sociaux qui ne viennent pas toujours à l’esprit lorsque les gens pensent à la “santé mentale”. »

   ~ Une personne âgée atteinte de polyarthrite rhumatoïde

Composer avec une maladie chronique comme l’arthrite peut s’avérer un défi, même dans les meilleures conditions, surtout lorsqu’elle s’accompagne d’une douleur quotidienne. Bien que de nombreux plans de traitement prévoient des stratégies pour gérer les symptômes physiques de l’arthrite, il est également important de prendre soin de son bien-être émotionnel et mental.

La santé mentale et le bien-être psychosocial sont des composantes essentielles de la santé et du bien-être général, surtout lorsque les gens vieillissent. Nos émotions et notre humeur peuvent avoir une incidence sur la façon dont nous ressentons la douleur, tandis que la douleur peut également avoir un effet sur nos émotions et notre humeur. Des études ont démontré que les personnes vivant avec l’arthrite sont plus susceptibles de souffrir d’anxiété et de dépression que les personnes qui n’en sont pas atteintes. La bonne nouvelle, c’est qu’il existe des actions simples que vous pouvez entreprendre pour prendre soin de votre santé mentale, ce qui, en retour, peut aider à améliorer votre santé physique. Une recherche (en anglais) a démontré la « plasticité du bien-être », ce qui signifie que nous pouvons apprendre à améliorer notre bien-être mental par l’entraînement et l’exercice.

La Société de l’arthrite a communiqué avec des adultes âgés atteints d’arthrite pour connaître leur point de vue sur la douleur chronique et la santé mentale, ainsi que les stratégies qu’ils utilisent pour maintenir leur bien-être émotionnel. Cette ressource examinera les points de vue des personnes ayant une expérience vécue de l’arthrite ainsi que les résultats des recherches émergentes sur la santé mentale.

Lorsque nous avons interrogé les personnes âgées sur l’arthrite et la santé mentale, elles nous ont fait part des commentaires suivants :

  • Est-ce que l’arthrite a eu une incidence sur votre santé mentale et votre bien-être? Si oui, en quoi?

    « D’un point de vue psychosocial, j’ai renoncé à beaucoup de choses au fil des ans : la fatigue, la douleur et le manque d’énergie n’étaient pas quelque chose que je pensais devoir affronter avant d’atteindre la soixantaine ou la septantaine. La nature et la progression de la maladie m’ont obligée à limiter mes activités afin de les adapter à la réduction de mes capacités; par exemple, j’ai abandonné le ballet, le squash et la conduite automobile en raison de la diminution de ma mobilité articulaire; j’ai laissé tomber mes amitiés à cause de la fatigue et du manque d’énergie. J’ai vite compris qu’il fallait que j’économise mes forces et mon énergie pour ce qui était le plus important pour moi : mon mari était ma priorité numéro un et mon travail ma priorité numéro deux. Je savais que je devais rester en bonne santé pour mon mari et pour maintenir le rythme au travail. »

    « Peu de temps après avoir reçu mon diagnostic, j’ai commencé à réaliser que je devais aussi consciemment reconnaître et comprendre les limites imposées par la maladie plutôt que d’être simplement menées par ces dernières. Par exemple : choisir de continuer à tricoter plutôt que de jouer du piano; choisir de travailler pour moi-même plutôt que pour une organisation dont la structure, les exigences et les contraintes étaient difficiles à suivre; choisir d’avoir un seul enfant plutôt que plusieurs. »

    « En raison de la nature et de la progression de la maladie, il m’est nécessaire d’évaluer régulièrement mon mode de vie et d’y apporter des ajustements au fur et à mesure que je traverse les différentes étapes de la vie; ce qui fonctionnait lorsque j’étais dans la vingtaine et que je n’avais pas d’enfant ne fonctionnait pas plus tard : par exemple, j’ai échangé le temps, l’énergie et la force consacrés au tricot pour jouer au hockey de rue avec mon fils. Depuis que j’ai reçu mon diagnostic de PR, une dépression clinique a également été diagnostiquée et traitée une fois pendant une période de trois ans. J’étais au milieu de la quarantaine et l’accumulation des divers stress de la vie a nécessité une thérapie parlée et des médicaments sur ordonnance. Je crois que le fait de devoir composer avec les effets de la PR a été un facteur déterminant dans mon incapacité à m’en sortir. »

    « Mes mains handicapées me gênent et ne pas pouvoir faire ce que les autres peuvent faire me frustre. »

    « Ne pas pouvoir continuer à exercer mon métier physique est un coup dur à la fois mental et financier. Savoir que mon arthrite ne disparaîtra pas et qu’elle ne fera que devenir plus douloureuse et débilitante est très difficile à accepter. »

    « Oui, vivre avec l’arthrite juvénile, à partir d’un très jeune âge (la préadolescence). Il m’arrivait souvent de ne pas pouvoir participer à des activités comme le sport, ce qui faisait de moi un peu un paria à l’école. Ce qui n’a pas aidé, c’est que mon professeur d’éducation physique était une brute qui me traitait de mauviette quand je lui disais que j’avais de l’arthrite et que je ne pouvais pas suivre les autres ou même faire certaines des choses qu’il voulait que nous fassions. Heureusement, notre médecin de famille a fini par appeler le directeur de l’école et a demandé au professeur de me laisser tranquille. Cela m’a aidé en classe, mais mentalement c’était toujours un fardeau pour moi parce que je ne pouvais pas être comme les autres enfants. Bien sûr, lorsque j’avais des poussées, cela amplifiait mes sentiments de dépression et provoquait de l’anxiété concernant mon avenir. » 

  • Quelles sont les stratégies que vous utilisez pour prendre soin de votre santé mentale?

    « L’activité physique a été ma bouée de sauvetage. Elle m’aide non seulement physiquement, mais aussi mentalement. Elle me donne un sentiment d’accomplissement et d’autonomisation, c’est-à-dire que je peux faire quelque chose pour rendre mon état plus supportable. Cela a également favorisé ma vie sociale, ce qui m’a permis de lutter contre les sentiments de solitude et d’inadaptation. Je fais du bénévolat. Aider les autres est un merveilleux moyen d’améliorer son bien-être. Je pratique également la méditation transcendantale, ce qui permet de me calmer lors des périodes de stress et d’anxiété. Je trouve que cela me donne une meilleure perspective. De plus, lorsque je médite, je ne pense pas à ma douleur, alors c’est comme des vacances sans douleur! »

    « J’essaie de ne pas être trop dur envers moi-même, de prendre soin de moi et de ceux qui m’entourent, de montrer ma reconnaissance à ma conjointe qui est mon proche aidant et mon soutien, de reconnaître le rôle que je joue au sein de ma famille et l’incidence que mon absence aurait sur mes amis et ma famille, même s’ils sont tous adultes. En d’autres mots, je me fais la morale et j’essaie d’avoir une approche réaliste du monde qui m’entoure et de ne pas me concentrer uniquement sur moi-même. »

    « [Je] bouge autant que possible avec mes amis, je suis membre d’un groupe de soutien pour l’arthrite de ma localité, j’organise des activités qui me procurent du bonheur et me permettent de maintenir une vie sociale - c’est difficile avec la pandémie. »

    « Maintenir un mode de vie sain et équilibré; c’est-à-dire, bien manger, bien dormir, se reposer, faire régulièrement de l’exercice (physique et cognitif); - conserver mon énergie en établissant un rythme et en me fixant des objectifs réalistes et flexibles; avoir des attentes modestes afin d’éviter les déceptions et tenir compte de la nature et des effets imprévisibles de la maladie; accepter qu’il y ait des compromis et des obstacles en cours de route; se fixer des objectifs à court terme et à long terme afin d’obtenir des résultats immédiats qui demandent moins d’efforts, même s’ils sont moins gratifiants qu’un objectif à long terme; - surveiller mon état de bien-être mental et reconnaître le moment où il faut demander de l’aide; - compartimenter [mon arthrite] et la garder en perspective pour éviter qu’elle ne devienne dévorante; - essayer de ne pas m’attarder sur les aspects des effets de [mon arthrite] sur lesquels je n’ai aucun contrôle; - ne pas blâmer la PR pour tous mes échecs et mes lacunes; - garder les pieds sur terre en minimisant le chaos dans ma tête et en gardant mon diagnostic privé; - suivre de près le plan de traitement prescrit par les membres de mon équipe soignante et travailler avec eux pour apporter des ajustements au régime si nécessaire. »

Lorsque nous avons demandé aux personnes âgées atteintes d’arthrite quels étaient les sujets les plus importants à aborder en matière de santé mentale et de bien-être, elles ont identifié les domaines suivants. Poursuivez votre lecture pour découvrir des stratégies d’autogestion pour chacun des sujets.

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Bien dormir


Couple sleeping in a bedUn manque de sommeil peut avoir une incidence importante sur notre humeur, tandis que notre humeur peut également avoir une incidence sur notre sommeil. Pour les personnes atteintes d’arthrite, le sommeil peut être perturbé par la douleur, l’inquiétude ou les effets secondaires des médicaments. Heureusement, il existe des conseils et des stratégies que vous pouvez utiliser pour améliorer votre sommeil, qui peut à son tour avoir une incidence sur votre humeur.

Si les douleurs causées par l’arthrite vous empêchent de dormir la nuit, vous pourriez consulter un ergothérapeute pour savoir si le fait de placer un oreiller sous l’articulation touchée pourrait vous aider. Il est également important d’adopter une bonne hygiène du sommeil, c’est-à-dire de respecter un horaire de sommeil régulier, de se donner le temps de se détendre avant de se coucher et d’éviter les écrans au moins une heure avant le coucher. Prendre un bain chaud ou utiliser un coussin chauffant avant de se coucher peut également contribuer à réduire les douleurs articulaires. Certaines personnes trouvent utile de prendre des analgésiques avant de se coucher, ce qui peut inclure le cannabis médicinal. Pour plus de renseignements, consultez l’article Dix conseils pour mieux dormir la nuit de la Société de l’arthrite. Vous pouvez également suivre l’évolution de votre sommeil pendant une semaine à l’aide de ce journal du sommeil [PDF 241kB] afin de déterminer si vous avez noté des tendances susceptibles d’avoir une incidence sur la qualité de votre sommeil et d’essayer d’y remédier.

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La fatigue  


Composer avec la douleur chronique tout en essayant de gérer les tâches quotidiennes peut être épuisant. La fatigue peut également être un symptôme courant des formes d’arthrite inflammatoire, puisque le corps dépense de l’énergie pour combattre l’inflammation. Cet épuisement peut avoir une incidence importante sur notre humeur, alors que notre humeur peut également avoir une incidence sur les niveaux d’énergie. Si vous vous sentez fatigué au cours de la journée, il existe un certain nombre de stratégies que vous pouvez mettre en place pour vous aider à gérer et à conserver votre énergie.

La planification, la priorisation, le rythme, la résolution de problèmes sont des aptitudes essentielles à développer et vous aideront à tirer le maximum de vos journées.

  • La planification : Établissez un plan faisant état de tout ce que vous souhaitez faire au cours de la journée ou de la semaine. Décidez comment et quand vous vous acquitterez de certaines tâches. Prévoyez du temps entre chaque besogne exigeante que vous devez accomplir au cours de la journée ou de la semaine.

  • La priorisation : Dressez une liste des tâches que vous devez exécuter en ordre d’importance et décidez s’il y a des tâches que vous pouvez supprimer de la liste, remettre à plus tard ou déléguer.

  • Le respect de votre rythme : Divisez vos activités en parties réalisables et répartissez-les au cours de la journée ou de la semaine. Lorsque vous faites une activité, prenez régulièrement de courtes pauses. Changez régulièrement de position et d’activité. N’attendez pas d’être très fatigué pour vous arrêter - prévoyez de changer d’activité ou de vous reposer avant de ressentir de la fatigue.

  • La résolution de problèmes : Parfois, ce qui change tout, ce n’est pas ce que vous faites, mais la façon dont vous le faites. Examinez votre routine quotidienne. Essayez de déterminer si vous consacrez toutes vos matinées aux mêmes types de tâches répétitives ou si votre position assise vous cause de la douleur ou de l’inconfort. Votre corps vous envoie peut-être des signaux d’alerte lorsque vous effectuez certaines tâches, ou peut-être vous sentez-vous très fatigué en après-midi. Si certains de vos gestes vous posent un problème, demandez-vous comment vous pourriez les effectuer différemment. Profitez des offres d’aide et utilisez des appareils fonctionnels pour réduire la pression exercée sur vos articulations.

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Rester actif


A happy older man holding a tennis racketNon seulement l’activité physique et l’exercice sont un excellent moyen de vous aider à gérer vos symptômes d’arthrite, mais ils contribuent également à améliorer votre humeur. Comme le souligne le site Web Harvard Health (en anglais), « l’exercice est un traitement naturel pour combattre la dépression ». De nombreuses études ont démontré que l’exercice peut souvent être un traitement efficace contre la dépression, parfois aussi efficace que les médicaments. Commencer à faire de l’exercice peut être un défi, mais la Société de l’arthrite propose un certain nombre de ressources et d’articles pour vous aider à augmenter votre niveau d’activité physique. Parmi les activités adaptées à l’arthrite, citons la marche, le yoga, le tai-chi, le vélo (extérieur ou stationnaire) et l’exercice aquatique. Il existe de nombreuses vidéos gratuites de yoga et de tai-chi en ligne. Toutefois, avant de commencer un nouveau programme d’exercices, il est important de consulter votre médecin afin de vous assurer qu’il est approprié pour vous.

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Composer avec la tristesse, la dépression, l’inquiétude et l’anxiété


La gestion des défis posés par l’arthrite et l’adaptation aux changements qu’elle entraîne peuvent avoir des répercussions sur notre santé mentale. Des facteurs de stress supplémentaires ou d’autres facteurs peuvent contribuer à la tristesse et à la dépression. Chez certaines personnes atteintes d’arthrite, la dépression peut également être une condition préexistante. Heureusement, il existe des stratégies que vous pouvez mettre en place pour vous aider à surmonter les obstacles et améliorer votre capacité à profiter de la vie. Être en bonne santé mentale ne signifie pas que votre vie sera parfaite. C’est savoir composer avec les défis de la vie et se sentir capable d’aller de l’avant malgré ceux-ci.

Older man holding hands supporting his face near the lips thinkingLe guide en ligne de la Société de l’arthrite sur la santé mentale et le bien-être fournit des outils concrets et des stratégies que vous pouvez utiliser pour prendre soin de votre bien-être mental. Il s’agit notamment d’activités que vous pouvez pratiquer chez vous, comme la méditation pleine conscience et la méditation, la relaxation musculaire progressive et la remise en question des schémas de pensées négatives.

Le cahier d’exercices Développer des stratégies pour surmonter la dépression [PDF 1MB] de Dan Bilsker, Ph. D., et de Randy Paterson, Ph. D., est une excellente ressource pour vous aider à travailler sur certains des sentiments que vous avez éprouvés et à développer des compétences en matière de réactivation de votre vie, de pensée réaliste et de résolution de problèmes. Le cahier d’exercices est disponible en plusieurs langues sous forme de fichier PDF à télécharger, ainsi qu’en anglais et en français sous forme de fichiers audio. Le gouvernement du Canada a également lancé récemment le programme Espace mieux-être, qui vous aidera à trouver du soutien, des ressources et des conseils gratuits en matière de santé mentale et de toxicomanie auprès d’un professionnel de la santé mentale.

Il a également été démontré que la thérapie cognitivo-comportementale (TCC) aide à réduire les symptômes de la dépression et de l’anxiété. L’Association canadienne pour la santé mentale propose dans tout le pays un programme gratuit de développement des compétences fondé sur les principes de la TCC. Vous trouverez de plus amples renseignements sur le programme et sur la façon de participer sur le site Web Retrouver son entrain. Les personnes vivant en Saskatchewan peuvent accéder au cours en ligne gratuit Chronic Health Conditions Course Including Chronic Pain (en anglais), fondé sur la TCC. Si vous habitez au Manitoba ou en Ontario, vous pouvez accéder au programme gratuit AbilitiTCCi. Pour les personnes souffrant d’inquiétude ou d’anxiété, Mindshift TCC est une application gratuite disponible dans tout le pays offert par Anxiété Canada.

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Gérer la peur de son état et de ses médicaments 


Woman talking with a pharmacist looking at a productComposer avec une maladie chronique comme l’arthrite peut susciter de la peur et de l’inquiétude à propos d’un certain nombre de choses, notamment les effets secondaires potentiels des médicaments, ce qui pourrait éventuellement se produire, la progression de la maladie ou une nouvelle poussée. Les émotions peuvent jouer un rôle important dans le cycle de la douleur, dans la mesure où le fait de se sentir stressé ou inquiet peut en fait contribuer à votre expérience de la douleur et en augmenter l’intensité. Heureusement, il existe des stratégies qui se sont avérées efficaces pour calmer l’inquiétude et réduire la douleur.

Pour certaines personnes atteintes d’arthrite, l’anticipation des risques potentiels ou des effets secondaires d’un nouveau médicament peut être source de stress et d’anxiété. Des recherches ont démontré que ces types d’inquiétudes ou d’attentes négatives peuvent potentiellement amener une personne à ressentir des symptômes d’effets secondaires, même lorsqu’on lui donne une pilule de sucre inoffensive ou un placebo et qu’on lui dit qu’il s’agit d’un médicament. C’est ce qu’on appelle l’« effet nocebo ». Bien qu’il soit important de comprendre les effets négatifs potentiels d’un médicament, se concentrer sur les aspects positifs, comme « la plupart des gens tolèrent bien ce médicament » ou « peu de gens éprouvent des effets secondaires graves », peut aider à réduire la probabilité que l’effet nocebo se produise. Il est important de connaître les faits concernant votre médicament afin de limiter les risques de préjugés ou d’hypothèses.

Les personnes atteintes d’arthrite peuvent également s’inquiéter des effets à long terme de leurs médicaments, se demander s’ils perdront leur efficacité avec le temps, si leur état venait à s’aggraver ou si elles devaient composer avec une poussée débilitante. Comme le souligne une personne atteinte d’arthrite, « une poussée [de PR] ne signifie pas que l’on ne peut pas s’en sortir. » Si vous avez des inquiétudes concernant vos médicaments, leur efficacité ou leurs effets secondaires, parlez-en à votre professionnel de la santé ou à votre pharmacien. Ils peuvent répondre à vos questions et s’assurer que vous disposez des renseignements nécessaires pour faire des choix éclairés.

Parfois, le stress de l’arthrite peut amener les personnes à développer des schémas de pensée irréalistes qui mettent l’accent sur le négatif plutôt que sur le positif. Par exemple, la surgénéralisation peut amener une personne à supposer que le résultat d’une situation sera le même pour toutes les situations, tandis que le catastrophisme peut amener une personne à s’attendre au pire dans une situation. La feuille de travail La pensée réaliste [PDF 2.1MB] de la Société de l’arthrite peut vous aider à mettre vos craintes et vos inquiétudes en perspective.

Face à l’incertitude et à la nature changeante de l’arthrite, il est important de se concentrer sur les aspects que vous pouvez contrôler plutôt que sur ceux que vous ne pouvez pas. Bien que vous ne puissiez pas prédire l’évolution de votre arthrite, vous pouvez contrôler votre façon de réagir et de vous adapter aux changements. D’autres stratégies peuvent vous aider à gérer les pensées négatives, notamment la thérapie cognitivo-comportementale (abordée dans la section Composer avec la tristesse, la dépression, l’inquiétude et l’anxiété) et la méditation pleine conscience (abordée dans la section Méditation et méditation pleine conscience).

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Solitude et isolement


Older woman sitting holding a can and posing her head on her handsLa solitude et l’isolement peuvent avoir une incidence considérable sur la santé mentale et le bien-être d’une personne. Les symptômes de l’arthrite peuvent souvent réduire la mobilité et accroître la fatigue, ce qui rend plus difficile une vie sociale pleine et active. Heureusement, la technologie permet plus facilement que jamais d’échanger et de communiquer avec les autres. Des sites Web comme meetup.com/fr ou Eventbrite (cliquez sur Canada [FR] dans le coin inférieur droit de l’écran) répertorient de nombreux événements gratuits (et parfois payants) répondant à tous les intérêts. Joignez-vous à un groupe social qui aime le plein air, apprenez à prendre de meilleures photos, écoutez un conférencier passionnant ou découvrez de nouvelles techniques de cuisine, il y en a pour tous les goûts!

De nombreux centres pour personnes âgées proposent désormais des programmes en ligne ou par téléphone. Renseignez-vous auprès du centre pour personnes âgées de votre localité sur les programmes offerts dans votre communauté afin d’échanger et de communiquer avec d’autres personnes. Certains services communautaires locaux proposent également des programmes de visites bénévoles gratuites, dans le cadre desquels un bénévole se rendra chez vous pour une visite sociale. Composez le 2-1-1 sur votre téléphone ou consultez le site Web 211.ca pour connaître les centres pour personnes âgées et les services communautaires destinés aux personnes âgées de votre région.

Vous pourriez également rechercher un groupe de soutien pour l’arthrite ou la douleur chronique dans votre région ou en ligne pour échanger et communiquer avec d’autres personnes vivant une expérience similaire.

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Méditation et méditation pleine conscience


Older woman listening to a meditationDe plus en plus, les recherches démontrent l’efficacité de la méditation et de la méditation pleine conscience afin d’aider à composer avec la douleur chronique et réduire l’anxiété. La méditation est une pratique corps-esprit qui consiste à entraîner sa conscience et son attention à l’aide de techniques particulières. Il existe diverses techniques de méditation, dont la méditation pleine conscience. Dans le cadre de la méditation, la personne prend conscience de son corps en se concentrant sur un objet, comme sa respiration ou ses pensées. Dans la méditation pleine conscience, la personne doit porter attention à ses expériences sensorielles, à ses pensées et à ses émotions à chaque instant. Cette pratique nous rappelle de rester pleinement conscients de ce qui se passe dans le moment présent, intérieurement et extérieurement, sans laisser nos préjugés ou nos jugements intervenir.

Certaines personnes ont également trouvé la pratique de la « sylvothérapie » ou du « bain de forêt » utile pour faire face à l’arthrite. Cette pratique est apparue au Japon dans les années 1980 sous la forme d’un exercice psychologique et physiologique appelé shinrin-yoku. Selon Parcs Ontario,

Il existe de nombreuses preuves scientifiques des bienfaits pour la santé du temps passé dans la nature. C’est pourquoi la sylvothérapie est devenue partie intégrante des soins de santé préventifs et de la guérison dans la médecine japonaise… L’idée, c’est que lorsque les humains passent du temps dans un cadre naturel, particulièrement sous la canopée d’une forêt, ils ressentent des bienfaits régénérants pour le mental, le corps et l’esprit.

Bien qu’il n’existe actuellement que peu de recherches sur l’efficacité du bain de forêt contre l’arthrite, cette pratique semble présenter peu de risques et certaines données (en anglais) suggèrent qu’elle peut contribuer au bien-être général. Pour plus de renseignements sur le bain de forêt et sa pratique, consultez l'article « Le shinrin-yoku ou bain de forêt : quand la nature nous soigne ». 

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Ressources et soutien additionnels


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Ce contenu a été mis à jour en mai 2021 grâce à l’expertise de :

Mary De Vera, Ph. D.
Professeure agrégée à la Faculté de sciences pharmaceutiques de l’Université de la Colombie-Britannique
Chercheur scientifique, Arthrite-recherche Canada Centre de recherche sur l’arthrite du Canada