Les bactéries cutanées renferment-elles un indice sur l’apparition de l’arthrite psoriasique?

En 1996, Shirley Robert a reçu un diagnostic d’arthrite psoriasique (AP) aux deux hanches. Au début des années 2000, elle a pu être en rémission grâce à ses traitements, mais elle a ensuite subi une poussée si sévère qu’elle lui a presque coûté la vie.

Grâce à la prise de médicaments, l’inflammation liée à l’AP de Shirley a pu être maîtrisée. Malheureusement, la maladie avait déjà eu le temps de causer des dommages importants à ses hanches, qui ont dû être remplacées chirurgicalement en 2008.

En 2011, juste au moment où elle pensait que sa maladie était bien maîtrisée, une poussée affectant son genou a révélé qu’elle était atteinte d’arthrose : les articulations qui avaient compensé ses hanches mal en point commençaient elles-mêmes à s’user.

Revenons en arrière : à quoi aurait ressemblé l’avenir de Shirley si son AP avait été maîtrisée dès le début?

C’est le type de question qui motive Meital Yerushalmi, chercheuse et étudiante au doctorat à l’Institut de recherche Krembil du Réseau universitaire de santé. La Société de l’arthrite lui a attribué une bourse salariale de formation au doctorat pour lui permettre d’étudier le rôle des bactéries cutanées dans le développement du psoriasis et de l’AP.

L’AP peut entraîner des lésions articulaires progressives, de la douleur, l’invalidité et une mauvaise qualité de vie. Toutefois, ses répercussions sont très variables d’une personne à une autre. Cette variation n’est encore expliquée par aucun facteur de risque connu. Sous la supervision du Dr Vinod Chandran, Meital Yerushalmi procède à une première étude de ce genre portant sur les bactéries cutanées chez les personnes atteintes de psoriasis et de diverses formes d’AP, sous l’angle de la génétique. Ce projet de recherche permettra de révéler le rôle joué par le « microbiome cutané » dans le développement et la gravité de l’AP et pourrait donner lieu à de nouvelles options de traitements qui, à leur tour, aideront des personnes comme Shirley avant que leurs articulations subissent des lésions.

« Je me suis sentie abasourdie », a raconté Shirley pour expliquer ce qu’elle a ressenti lorsqu’elle a appris que son AP avait entraîné l’arthrose. « N’avais-je pas assez de problèmes comme ça? J’ai pleuré un bon coup et ensuite, j’ai décidé que c’est ma maladie qui allait devoir m’endurer, et non le contraire. »

Tous les jours, Shirley fait preuve de détermination. Elle s’assure de continuer à bouger pour suivre le rythme de sa famille bien occupée. Elle fait de l’exercice trois fois par semaine, notamment des exercices de renforcement musculaire, et marche 20 minutes par jour. En plus, elle appuie activement le travail de la Société de l’arthrite en apportant son aide au comité consultatif de l’organisation et en participant à la Marche de l’arthrite.

Les recherches comme celles de Meital Yerushalmi peuvent donner de l’espoir à Shirley et aux personnes comme elle, qui pourront peut-être un jour prendre en charge leur maladie avant que celle-ci ne réduise leur mobilité et leur qualité de vie.

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