L’esprit allègre et fonceur de June. Ne jamais s’arrêter : voilà une phrase qui résume l’essence même de la vie de June Henderson.  

Elle a échappé à la vigilance des services de placement en famille d’accueil dans les années 1950, n’a pas appris à lire avant l’âge de 18 ans, a été prise en otage à l’époque où elle était travailleuse sociale et travaille en première ligne pendant la pandémie de COVID-19 : rien ne l’arrête!

Et l’arthrite non plus!

June a livré de nombreuses batailles. Son combat contre l’arthrite a commencé quand elle avait 16 ans. Elle ressentait de la douleur intense aux mains. Il a fallu 20 ans pour qu’elle reçoive un diagnostic et un traitement appropriés pour sa polyarthrite rhumatoïde.

L’esprit positif et la foi inébranlable de June l’aident à accepter et à gérer son arthrite et la douleur que la maladie lui cause. Son sens de l’humeur l’aide également à surmonter les obstacles : « Comment les abeilles communiquent entre elles? blague-t-elle. Par e-miel! »

June a grandi sous la tutelle de l’État, subissant les conséquences des services de placement en famille d’accueil qui n’ont su lui assurer un milieu familial et scolaire adéquat. À l’âge de 18 ans, elle a remédié à son analphabétisme en lisant le dictionnaire durant son heure de déplacement en transports pour se rendre au travail et en revenir. La famille qui l’accueillait à l’époque l’a aidée à améliorer sa lecture.

À 35 ans, elle s’est rendu compte que la vie avait sûrement plus à offrir et elle s’est inscrite à l’université, où elle a obtenu un certificat en sciences sociales. Elle a par la suite travaillé dans une prison pour hommes en tant que travailleuse sociale. Un malheureux jour, elle a été prise en otage lors d’une émeute. Elle dit que c’est en faisant des blagues et en priant que tout finisse bien qu’elle a pu s’en tirer. En réponse à cet épisode, June a changé de cap et a commencé à travailler pour le gouvernement. Dès qu’elle se réveillait, elle devait tous les matins s’asseoir sur ses mains pour aider à calmer la douleur et l’enflure. Cela l’a poussée à réexaminer son état de santé, chose qui lui a finalement permis d’obtenir le bon diagnostic en fonction de ses symptômes.

Une fois le diagnostic établi, elle a appelé la Société de l’arthrite et a demandé : « Par où je commence? » Elle n’a pas tardé de s’inscrire à un programme de huit semaines qui lui a permis d’en apprendre davantage sur la maladie, les façons de la gérer et les options de traitements offerts. Elle a aussi profité d’un soutien entre pairs. (Ces ressources sont maintenant toutes numériques.) Elle a commencé à travailler pour le centre d’appel de la Société de l’arthrite tant elle a été impressionnée par ce qu’elle a tiré de ce programme.

« La Société de l’arthrite m’a énormément aidée et le fait toujours. Il est crucial que les gens aient accès aux renseignements les plus exacts et à jour sur la maladie. L’arthrite peut s’en prendre à n’importe qui. Elle ne fait pas de distinction d’âge, de race, de religion ou de genre. »

L’âge n’est pas un grand obstacle pour June. À 63 ans, elle a décidé qu’était venu le temps de réaliser un rêve qu’elle avait depuis toujours : obtenir son diplôme universitaire. Elle s’est inscrite à l’Université Ryerson à Toronto et a travaillé auprès de leur centre d’admission pour la mise en place des mesures d’adaptation dont elle avait besoin : une personne qui l’aiderait à prendre des notes, le droit à du temps supplémentaire pour terminer ses examens et elle demandait aussi que l'on comprenne qu’elle ne pourrait peut-être pas se présenter à tous les cours. Elle obtiendra officiellement son diplôme en arts et sciences avec mention en octobre, à l’approche de son 70e anniversaire. « Et oui, j’étais la personne la plus âgée de la classe ». Elle en rit : « C’était drôle, les jeunes pensaient toujours que c’était moi la professeure. » Un membre de la famille qui a aidé June à apprendre à lire, il y a 50 ans, assistera à sa collation des grades.

June travaille présentement dans une épicerie à temps partiel. Dans ces temps libres, elle cuisine bénévolement pour les aînés qui habitent sa rue et la copropriété où elle réside.

« J’aime travailler. Je suis toujours capable de le faire. J’en remercie Dieu. Je prends toutes les précautions nécessaires, je fais très très attention. » Elle n’a peur de rien parce qu’elle a déjà surmonté toute sorte d’obstacles.

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