Un rapport du Conference Board souligne les inégalités relatives à l’accès aux médicaments

Les patients doivent avoir un rôle à jouer dans la création d’un régime national d’assurance-médicaments 

Selon un rapport publié aujourd’hui par le Conference Board du Canada (en anglais), les Canadiens sont confrontés à de graves inégalités relatives à l’accès aux médicaments d’ordonnance et à leur abordabilité, selon l’endroit où ils vivent et leur accès à un régime d’assurance-médicaments financé par l’employeur. Le rapport (anglais seulement) a été financé par la Société de l’arthrite.

Les conclusions du rapport montrent que la couverture publique des médicaments contre l’arthrite varie considérablement d’une province à l’autre et présente différents obstacles à l’accès selon le lieu de résidence. Comparés aux régimes privés, les régimes publics accusent un retard pour ce qui est de fournir un accès opportun à de nouveaux médicaments novateurs contre l’arthrite, ainsi qu’à certains médicaments anti-inflammatoires, analgésiques, corticostéroïdes et antirhumatismaux.

Le rapport révèle que les Canadiens ont dépensé 1,9 milliard de dollars dans le cadre de 16,5 millions de réclamations pour des médicaments contre l’arthrite en 2017. De tous les médicaments contre l’arthrite, 22 % sont payés par les consommateurs, ce qui représente 248,9 millions de dollars en dépenses non assurées.

« Il s’agit d’un signal d’alarme urgent pour les décideurs alors que nous explorons les possibilités liées à un régime national d’assurance-médicaments, déclare Sian Bevan, directrice générale du volet scientifique à la Société de l’arthrite. Ces constatations, qui ne laissent aucune place à l’ambiguïté, mettent en évidence les défis auxquels font face les patients atteints d’arthrite. Trop de Canadiens sont privés d’un accès abordable et équitable aux traitements dont ils ont besoin, ce qui a un impact négatif sur leur santé et, en conséquence, sur le Canada dans son ensemble. »

Bon nombre des six millions de Canadiens atteints d’arthrite prennent un éventail de médicaments au fils des ans, dans certains cas pour le reste de leur vie. C’est pourquoi la Société de l’arthrite a réclamé haut et fort la mise en œuvre d’un régime national d’assurance-médicaments.

« Peu importe si c’est le gouvernement, l’employeur ou le patient qui paie, les coûts des médicaments pour la prise en charge des maladies chroniques peuvent s’additionner rapidement, explique Mme Bevan. Il est donc essentiel de trouver des solutions équitables et durables pour s’assurer que les gens reçoivent les soins dont ils ont besoin aujourd’hui et à l’avenir, à mesure que des thérapies nouvelles et améliorées deviennent disponibles. »

Les médicaments biologiques sont parmi ces innovations en matière de traitement. Ils ont révolutionné le traitement et la prise en charge des maladies auto-immunes comme la polyarthrite rhumatoïde. Ce sont également les médicaments les plus coûteux couverts par de nombreux régimes, tant publics que privés. Leur importance dans la gestion de l’arthrite en fait donc une proposition coûteuse pour le système de santé du Canada. Selon l’Institut canadien d’information sur la santé, les médicaments biologiques représentent la plus grande part des dépenses totales en médicaments au Canada, et cette part continue de croître. Selon le rapport du Conference Board, 1,1 milliard des 2,7 milliards de dollars que le Canada a dépensés pour des médicaments biologiques en 2017 était consacré à la prise en charge de l’arthrite.

Nous croyons qu’un régime national d’assurance-médicaments devrait :

  • S’attaquer aux inégalités existantes – Trop de Canadiens ne sont pas assurés ou sont sous-assurés pour les médicaments. Ainsi, ils se voient forcés de choisir entre l’achat de médicaments et d’autres dépenses nécessaires. D’autres sont couverts ou non en fonction de la province où ils résident, ce qui revient à une sorte de « loterie du code postal », les résultats cliniques des gens pouvant varier de façon importante en fonction de l’endroit où ils vivent au Canada.
    Un régime national d’assurance-médicaments doit prioriser la correction de ces inégalités, non pas en poursuivant une couverture de moindre qualité, dans une sorte de « nivellement par le bas », mais en élargissant la couverture de façon à la rendre plus abordable pour ceux qui en ont le plus besoin et en éliminant les obstacles pour y accéder.
  • Garantir l’accès à un éventail des traitements – Un régime national d’assurance-médicaments doit garantir un accès rapide à un éventail de traitements, car ce qui convient à une personne peut ne pas convenir à une autre. De plus, il doit assurer que les patients ne sont pas pénalisés par des listes de médicaments couverts trop restrictives ou un système trop lent pour reconnaître la valeur des médicaments biologiques. À mesure qu’un grand nombre de ces nouveaux traitements deviendront plus précis et pourront cibler les patients qui sont le plus susceptibles d’en tirer profit, ils amélioreront la santé des gens tout en réduisant les coûts à long terme pour le système de santé.
  • Élargir l’offre de soins externes – Rendre les médicaments plus abordables est un objectif important; cependant, si nous voulons apporter des changements durables à notre système de santé, nous devons être plus ambitieux et considérer le débat sur un régime national d’assurance-médicaments comme une occasion élargie de moderniser l’offre des services financés par l’État et d’améliorer les soins externes de façon plus générale. Cela suppose d’améliorer l’accès aux soins à domicile et aux soins communautaires, ainsi que de déployer des efforts ciblés pour améliorer la prévention et éviter l’apparition d’un grand nombre de maladies chroniques.

Les recommandations faites dans le Rapport final du Conseil consultatif sur la mise en œuvre d’un régime national d’assurance-médicaments, mené par le Dr Eric Hoskins, tiennent compte de quelques-unes de ces considérations, mais pas toutes. Il est essentiel que tout effort pour faire avancer le projet de régime national d’assurance-médicaments soit guidé par une forte participation des patients, de façon à répondre à leurs besoins les plus urgents.

À propos de la Société de l’arthrite

La Société de l’arthrite est l’organisme de bienfaisance canadien du domaine de la santé qui œuvre pour un monde où les gens sont libérés des effets dévastateurs de l’arthrite. Dès 1948, nos fondateurs aspiraient à soulager la souffrance, et cette passion continue de nous animer aujourd’hui. Grâce à la confiance et au soutien de ses donateurs et bénévoles, la Société de l’arthrite est la plus importante source d’investissements canadiens dans la recherche de pointe sur l’arthrite du secteur caritatif et un chef de file dans la défense proactive de la cause et le développement d’information et de soutien novateurs qui amélioreront la santé des personnes atteintes d’arthrite. La Société de l’arthrite est agréée par le Programme de normes d’Imagine Canada. Pour plus d’information, faire du bénévolat ou faire un don, visitez arthrite.ca.

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