La Société de l’arthrite s’efforce de protéger les droits des patients dans le contexte de la légalisation du cannabis

1 mai 2017

Les projets du gouvernement fédéral pour légaliser le cannabis non médicinal sont parmi les enjeux de l’heure qui ont fait le plus souvent les manchettes canadiennes cette année. L’annonce a été faite le mois dernier, et elle réservait une bonne nouvelle pour les personnes atteintes d’arthrite : le gouvernement prévoit préserver ses règlements et processus actuels et distincts pour les personnes qui utilisent le cannabis à des fins médicales (à savoir le Règlement sur l’accès au cannabis à des fins médicales, ou RACFM).

Pourquoi s’agit-il d’une bonne nouvelle? Jusqu’aux deux tiers des personnes qui consomment actuellement du cannabis médicinal le font pour gérer les symptômes de l’arthrite. Il est important pour elles de pouvoir l’obtenir, si elles le souhaitent, par l’entremise d’un système accessible et réglementé qui est distinct du système pour le cannabis non médicinal. Ainsi, elles peuvent être assurées d’avoir accès à une source fiable et constante de médicaments pour les aider à prendre en charge leurs symptômes – un système qui engage leur médecin à incorporer le cannabis médicinal dans leur plan de traitement global.

C’est pourquoi la Société de l’arthrite, en partenariat avec d’autres groupes de défense des patients, continue d’être le porte-étendard du mouvement visant à s’assurer que les droits des patients demeurent au centre du plan de légalisation du gouvernement. Nous sommes ravis et reconnaissants que le cadre annoncé préserve le système distinct pour les patients. Cependant, d’autres besoins des patients doivent encore être comblés dans les négociations qui se tiendront avec les provinces dans les mois à venir.

« Continuer de fournir aux patients un système distinct pour le cannabis médicinal est une première étape importante, a reconnu Janet Yale, présidente et chef de la direction de la Société de l’arthrite, mais ce système doit tout de même être renforcé pour mieux répondre aux besoins des patients, surtout sur le plan de l’abordabilité. De plus, le gouvernement a manqué une occasion de régler la question du financement de la recherche sur le cannabis médicinal, d’autant plus que l’Examen du soutien fédéral aux sciences a publié la même semaine son rapport soulignant l’importance d’investir dans les sciences. »

La recherche sur le cannabis médicinal a des décennies de retard, et bon nombre de médecins hésitent à conseiller à leurs patients l’usage de cannabis médicinal en raison du manque de lignes directrices claires fondées sur des données probantes. Davantage de connaissances sont nécessaires pour comprendre le fonctionnement du cannabis comme médicament – de sa posologie et ses modes d’administration optimaux aux contre-indications, en passant par d’autres aspects thérapeutiques et considérations

Ce savoir dépend d’investissements dans des recherches de qualité. Celles-ci permettront aux médecins de savoir quand et comment prescrire le cannabis, et d’avoir des attentes raisonnables quant à son efficacité.

« Avec le soutien de ses donateurs, la Société de l’arthrite fournit sa part d’efforts pour combler les lacunes dans les connaissances : elle s’est en effet engagée à investir 720 000 $ dans la recherche, avance Mme Yale. Mais nous ne pouvons pas y parvenir seuls : le gouvernement fédéral doit prendre l’engagement systémique de prioriser la recherche sur le cannabis médicinal. Cela commence en investissant une partie des revenus générés par les taxes sur le cannabis non médicinal dans la recherche sur le cannabis médicinal, et en mettant en place d’autres politiques pour favoriser la recherche. Le Canada a non seulement l’occasion de rattraper son retard, mais aussi celle de devenir un leader à l’échelle mondiale dans ces importants travaux. »