Une étude sur les Autochtones produit des résultats parlants

Affiché: 2015-05-14
Autochtones polyarthrite rhumatoïde

Les recherches montrent que les Autochtones canadiens sont trois fois plus nombreux à être atteints de polyarthrite rhumatoïde que le reste de la population. La maladie a aussi tendance à les frapper plus durement : rémissions moins fréquentes et lésions articulaires courantes. Les facteurs qui contribuent à cette situation sont liés à la prestation de soins aux Autochtones.

Selon les découvertes d’une équipe de recherche de l’Université de Calgary, les Autochtones perçoivent le système de soins de santé comme un environnement négatif où ils ne sont pas les bienvenus, voire où ils se sentent rejetés. Ils choisissent donc d’obtenir des conseils médicaux ailleurs – parfois d’un médecin de famille, mais généralement directement de membres de leur famille. En outre, il est tout simplement difficile pour eux de se rendre dans une clinique spécialisée pour de nombreuses raisons.

En janvier 2014, une étude financée par la Société de l’arthrite a permis d’examiner ce qui adviendrait si on apportait des changements au modèle de soins en facilitant l’accès à un rhumatologue dans un environnement qui ne présente aucune menace sur le plan culturel. Sous la direction de Cheryl Barnabe et de Lynden Crowshoe de l’Université de Calgary, les barrières aux soins ont été retirées, et des services spécialisés ont été offerts dans un centre de santé autochtone en milieu urbain.

La clé : aucune recommandation nécessaire. Les gens n’avaient qu’à se présenter.

« Quarante pour cent des gens [qui sont venus] ont dit qu’ils avaient difficilement accès à un rhumatologue, rapporte la Dre Barnabe. Ils ont du mal à se faire orienter ou admettre, ce qui met en lumière les lacunes des modèles de soins typiques. »

En tout, 60 membres des Premières Nations se sont présentés à la clinique à cause de douleurs dans les articulations et les muscles. Parmi les 39 personnes qui ont accepté de participer à l’étude, 7 étaient atteintes d’arthrite inflammatoire, mais n’avaient jamais reçu de diagnostic. Cinq autres vivaient avec l’arthrite inflammatoire, mais n’étaient pas suivies par un spécialiste. (La clinique a également fourni des soins aux personnes présentant d’autres problèmes de nature musculosquelettique, comme les bursites, la fibromyalgie et l’arthrose.)

Malgré la petite taille de l’échantillon, l’étude dresse un portrait sombre – une grande proportion de ces Autochtones vivaient avec une arthrite inflammatoire chronique et ne recevaient pas de traitement.

En définitive, la satisfaction à l’égard de l’étude était très grande chez les patients. La Dre Barnabe croit toutefois que les cliniques ponctuelles ne sont pas viables ni pratiques dans bien des milieux. Ce qui est nécessaire, c’est plutôt un changement à l’échelle du système.

« Il faut que tous les fournisseurs (spécialistes et médecins de famille) soient compétents sur les plans de la culture et de l’arthrite, ajoute-t-elle. L’énorme potentiel pour prendre en charge les membres de la communauté n’est pas exploité. »

Cela suppose d’accroître le rôle que jouent les médecins de famille, infirmiers et autres fournisseurs de soins de santé primaires dans les soins aux personnes arthritiques, particulièrement aux Autochtones. Entre temps, Cheryl Barnabe maintient qu’il faut impérativement outiller les rhumatologues pour qu’ils fournissent des soins culturellement appropriés.

Tous les Canadiens méritent les meilleurs soins possible pour le traitement de leur arthrite.

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